19 juillet 2026

Le facétieux Allan Brunon, l’avait annoncé. Il l’a fait. 

Samedi, accompagné de ses équipes, il a rendu impossible le déroulement du set de Barbara Butch, DJ connue tant par son talent artistique que par son engagement LGBT+ et plus dernièrement pour avoir apposé sa signature en bas du projet de loi Yadan, texte approximatif et sans doute suffisamment mal fichu pour qu’il soit retiré. Au bout d’une vingtaine de minutes, La DJ devait jeter l’éponge, sous les chants pros palestiniens et les jets de projectiles. 

En cela, Allan Brunon a gagné son match. Un match rendu possible par la docilité de la maire de Grenoble à son endroit, malgré une « courageuse » prise de parole d’Alexis Monge, élu grenoblois, en charge de la culture. Mais au-delà de la liberté d’expression et de la protection des programmations culturelles, ce qui se trame de manière totalement décomplexée, c’est la place prépondérante qu’occupe le débat lié à la Palestine à Grenoble. Une place « sans doute » rendue possible par l’alliance technique opérée entre les deux tours des municipales mais peut-être aussi par l’inclinaison donnée par Laurence Ruffin à chaque fois que l’occasion se présente. 

Vœu de « résistance » contre le RN alors que cette formation politique obtient seulement 5% des suffrages à Grenoble lors des dernières élections municipales, conférence sur l’islamophobie avec intervention d’une sociologue voilée, accueil d’une chorale de jeunes palestiniennes, la maire de Grenoble multiplie les interventions propices à faire la promotion orientée de la situation de cette partie du monde puisqu’elle débutait en début du dernier conseil municipal, en exprimant sa fierté d’arborer le drapeau palestinien au fronton de l’hôtel de ville de Grenoble.

Une orientation qui pose question. 

A des fins clientélistes, à n’en point douter. Car Laurence Ruffin ne manquera pas de se positionner lors de la prochaine échéance présidentielle et cela même si son frère François brigue jusque-là ce Rubicon. Suivra la séquence législative durant laquelle LFI se positionnera sur nombres de circonscriptions et le soutien de la maire de la ville centre pèsera. 

À des fins idéologiques, à n’en plus douter. Jamais, ou presque (Burkini) Éric Piolle, dont le mantra était avant tout écologique, n’a donné autant de signes allant dans le sens de cette propagande visant à diviser les pro Palestiniens et le reste du monde. Car en creux, tout le problème réside dans cette niche qui n’est pas une nuance. Toute personne n’étant pas pro Palestine est de facto jugée raciste et islamophobe. Un sujet qui a une conséquence mortifère : la progression galopante des actes antisémites en France. 

Une France qui se sent obligée de conserver son pantalon au bas des chevilles, la repentance de son passé colonial demeurant encore sous braises. Une France qui se stigmatise d’elle-même, en proie à ses peurs. Une France amnésique qui tolère que ne soit pas fait grand cas des rares commorations des attentats de Nice ou du 13 novembre. 

Une France enfin qui autorise des formations politiques dont certains membres, pourtant élus locaux et nationaux peuvent s’exprimer en public vêtus de keffiehs afin d’afficher un parti prit pour une partie du monde, bien loin d’ici et dont, pour une grande majorité, les autres et grandes nations arabes se fichent éperdument. Enfin, il est plus facile de s’opposer aux génocides de toutes sortes en jetant des cannettes de bière au jardin de Ville à Grenoble que d’affronter le soleil et les rues détruites de Gaza et de se soustraire à des projectiles, eux, plus létaux. 

— Sébastien Mittelberger
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