22 juillet 2026

Depuis le dernier opus d’Allan Brunon et de son orchestre, samedi, en marge du Cabaret Frappé, on observe une levée de boucliers de part et d’autre, tant dans les médias locaux que nationaux et jusque dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.  Chacun y allant de son indignation, de sa colère, sincère ou feinte, en pianotant sur toutes les touches de la gamme des amalgames. La prolifération des réseaux sociaux autorise, quant à elle, une surexposition de « la liberté d’expression » alors que les commentateurs qui animent la toile fustigent qu’elle serait de plus en plus contrainte, en retrait. 

De son côté, la DJ bénéficie d’une couverture médiatique presque sans précédent, sans que personne, jamais, ne fasse référence à ses talents artistiques. Car Barbara Butch coche toutes les autres cases. Fervente défenseuse des droits LGBT+, militante ardente contre la grossophobie, de confession juive, chacun peut trouver dans ce catalogue d’engagements chaussure à son pied tant les indignations deviennent, dans son cas, aisées à saisir. 

Brunon est parvenu encore une fois à ses fins : Hystériser le débat public en le radicalisant. Opposant une fois encore les pro Israël aux pro palestiniens, les racistes aux antisémites, polarisant encore une fois ce même débat public en le réduisant à deux camps, distincts tout en prenant en otages ceux qui ne se revendiquent d’aucun de ces deux camps.

Mais ce qui se joue là n’est qu’un épisode d’une série qui a démarré sa première saison lors des élections municipales et dont la saison 3 sera consacrée aux législatives quand la deuxième traitera de la présidentielle. D’ici là, les soldats LFI mènent batailles et croisades afin de réunir le plus d’électeurs possibles sous leurs bannières. Et que ceux qui pensent que l’épisode de samedi puisse réveiller les consciences collectives se ravisent. La mort de Quentin n’a pas modifié significativement le vote LFI et Raphael Arnaud est toujours député du Vaucluse.  

Ce qui se joue également, c’est la manière dont Allan Brunon parvient à tordre le bras de Laurence Ruffin, une maire de Grenoble qui doit être sincèrement embarrassée de cet encombrant trublion. Tantôt un allié approximatif, tantôt un ennemi déclaré et « offensif ». Ainsi Laurence Ruffin tente de vivre en paix avec des gens qui lui font la guerre. Clément Chappet, de son coté, doit se pourlécher les babines, témoin en altitude de la bordélisation municipale orchestrée par son meilleur ennemi. 

Mais à commenter la toile, il est nécessaire de noircir le tableau. Allan Brunon et les troupes ont eu beaucoup de chance samedi, que des plus radicaux que lui n’embrasent pas ce qui s’embrasse (une cause) et que les minces débordements moraux ne se transforment pas en fait divers, ou en un quelconque attentat, contre l’artiste ou contre le public. Là, les plaintes auraient été toutes autres que pour des dégradations électriques. 

Gardons à l’esprit que ce qui devait se terminer par la mort de Samuel Paty n’a débuté que par un quiproquo scolaire. 

— Sébastien Mittelberger
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