
A la tête du groupe d’opposition Réconcilier Grenoble, Clément Chappet commémore à sa manière les 4 premiers mois de l’action municipale. L’occasion pour son groupe d’étriller avec véhémence les premiers mois de Laurence Ruffin de sa qualité de maire de Grenoble. Un constat qui a donné lieu à une conférence de presse matinale, dans la tiédeur estivale proposée par le jardin de ville…. VERBATIM.
Grenoble : quatre mois après l’élection de Laurence Ruffin, un constat d’immobilisme et une ville sous tension
Clément Chappet. « Quatre mois jour pour jour après l’élection de Laurence Ruffin à la mairie de Grenoble, à l’issue du conseil municipal du 27 mars, nous souhaitons dresser un premier bilan de son action municipale. Notre constat est particulièrement préoccupant. La situation de Grenoble continue de se dégrader, tandis qu’aucune amélioration concrète n’est perceptible dans le quotidien des Grenoblois ».
Un bilan marqué par l’inaction
Clément Chappet. « En quatre mois, aucune avancée significative n’a été réalisée sur les principaux enjeux de la ville : sécurité, propreté, commerce, logement ou attractivité. Au-delà de l’absence de résultats, nous estimons que cette majorité ne changera pas de cap. Elle poursuit la même ligne politique et s’appuie sur les mêmes responsables qui accompagnaient auparavant Éric Piolle. Les mêmes choix produiront inévitablement les mêmes conséquences ».
Une municipalité sous la tutelle de La France insoumise
Clément Chappet. « Les événements récents liés à Alan Brunon et à l’interruption du concert du Cabaret Frappé illustrent, selon nous, une profonde contradiction au sein de la majorité municipale. La maire a reconnu publiquement la gravité des faits évoqués : troubles à l’ordre public, violences sur un élu et sur une DJ, dégradations, mise en danger de la vie d’autrui. Pourtant, malgré ces déclarations, elle refuse toujours de déposer plainte nominativement contre les personnes qu’elle considère responsables. Dans le même temps, Allan Brunon est maintenu à la présidence de la commission des finances, alors même que notre groupe constitue le premier groupe d’opposition en nombre d’élus. Cette situation ne peut, selon nous, s’expliquer que par l’accord politique conclu avec La France insoumise, accord sans lequel Laurence Ruffin n’aurait pas accédé à la mairie. Cet engagement politique semble aujourd’hui primer sur les principes qu’elle affirme défendre. Nous avons le sentiment que la municipalité préfère attendre que la justice prenne les décisions qu’elle refuse elle-même d’assumer politiquement ».
Rompre avec un système de tensions permanentes
Clément Chappet. « Nous souhaitons aujourd’hui lancer un appel clair : Grenoble doit sortir de cette logique de dépendance politique. Au-delà du cas d’Allan Brunon, c’est plus largement la place occupée par La France Insoumise au sein de la majorité municipale qui interroge. Une démocratie locale apaisée, pluraliste et respectueuse suppose des décisions courageuses et une véritable autonomie de la municipalité. À nos yeux, Grenoble a aujourd’hui besoin d’une gouvernance capable de prendre ses responsabilités ».
Commerce et attractivité : une situation qui continue de se dégrader
Clément Chappet « Le commerce grenoblois traverse une crise profonde. En une décennie, le taux de vacance commerciale est passé de 6 % à 14 %, un niveau particulièrement préoccupant. Cette évolution s’explique notamment par la baisse de fréquentation du centre-ville, liée à plusieurs facteurs : l’insécurité, la malpropreté, mais aussi les difficultés d’accès et le coût du stationnement. Aujourd’hui, stationner en centre-ville le temps d’un déjeuner représente un coût important qui décourage de nombreux visiteurs. Le départ d’enseignes nationales, comme Starbucks place Grenette, illustre également cette perte d’attractivité. Un emplacement aussi stratégique qui n’est plus rentable constitue un signal fort sur les difficultés rencontrées par le commerce grenoblois ».
Des difficultés minimisées par la municipalité
Clément Chappet « Lors du conseil municipal du 29 juin, les inquiétudes exprimées par les commerçants ont, selon nous, été insuffisamment prises en considération. Les professionnels évoquent des baisses de chiffre d’affaires pouvant atteindre 50 % à 70 % pendant les périodes de travaux. Pourtant, ces chiffres ont été qualifiés de « fantasmes » par l’exécutif municipal. Nous invitons chacun à échanger directement avec les commerçants du centre-ville pour mesurer la réalité économique qu’ils affrontent ».
Des priorités qui interrogent
Clément Chappet « Face à ces difficultés structurelles, la principale mesure mise en avant par la municipalité pour renforcer l’attractivité du centre-ville est l’installation d’un « ciel de rue », pour un coût de 45 000 €. Si cette animation peut être appréciée, elle ne répond pas aux problèmes de fond auxquels sont confrontés les habitants et les commerçants. Enfin, la municipalité a annoncé le déploiement prochain de deux véhicules équipés d’un système de lecture automatisée des plaques d’immatriculation (LAPI). Si cet outil peut faciliter le contrôle du stationnement réservé aux personnes en situation de handicap, il permettra également de verbaliser automatiquement l’ensemble des infractions au stationnement payant. Nous craignons que cette mesure contribue davantage à éloigner les automobilistes du centre-ville qu’à favoriser son attractivité ».
Et de conclure…
Clément Chappet « Quatre mois après le changement de majorité, nous ne constatons ni rupture avec les politiques précédentes, ni amélioration tangible pour les Grenoblois. Nous continuerons à porter des propositions pour une ville plus sûre, plus propre, plus attractive et plus respectueuse de ses habitants, de ses commerçants et du débat démocratique ».