août 28, 2026

Le chef de file des Insoumis Grenoblois, entouré de quelques-uns de ses colistiers et colistières ainsi que d’habitants du quartier de la Villeneuve donnait ce matin une conférence de presse place du marché afin de développer son plan d’urgence pour la Villeneuve d’alerter publiquement la municipalité.

Intervenants :

« Notre association organise des événements dans le quartier, des maraudes et permet aux jeunes de participer à différentes activités. Aujourd’hui, à la Villeneuve, il n’y a quasiment plus rien. C’est dommage que les seuls événements qui restent soient la fête du quartier et le 14 juillet. La vie du quartier est en train de mourir. Nous avons aujourd’hui un seul commerce, une boulangerie, pour un quartier de près de 11 000 habitants. Nous avons essayé de faire beaucoup de choses pour le quartier, mais nous n’avons pas obtenu de réponse de la Ville. Pourtant, les associations sont aujourd’hui indispensables. Nous aidons des personnes qui n’ont pas à manger. Nous organisons des collectes de vêtements et de couvertures pour celles et ceux qui sont dans des situations précaires. Et je pose une question simple : si nos associations et les jeunes du quartier ne se mobilisaient pas, qui ferait tout cela ? Nous essayons également de proposer aux jeunes une alternative aux points de deal : le travail, les formations, les activités. Parce qu’aujourd’hui, un jeune qui veut travailler ne trouve pas toujours de solution. Et quand il n’y a rien à faire dans le quartier, les seules alternatives qui restent peuvent être les mauvaises. Nous demandons donc à la Ville de Grenoble de venir à notre rencontre, d’écouter les habitants et de soutenir les projets qui existent déjà dans le quartier et de nous accompagner afin de nous donner les moyens d’agir ».

« J’ai 19 ans et cela fait 19 ans que j’habite à Villeneuve. J’ai donc vu le quartier évoluer. Je suis aujourd’hui conseillère municipale avec la France insoumise. Si nous prenons la parole aujourd’hui, c’est parce que la situation de la Villeneuve est devenue déplorable. Les habitants ont le sentiment d’être abandonnés. Nous n’avons aucun soutien à la hauteur des difficultés que nous rencontrons. J’habite au 90 Galerie de l’Arlequin. On peut nous dire que des travaux sont réalisés, mais ce que nous constatons au quotidien, c’est que les problèmes restent. À l’intérieur des immeubles, il y a des cafards, des rats et des problèmes d’insalubrité. On ne peut pas laisser des habitants vivre dans de telles conditions. Nous avons parlé à plusieurs reprises. Nous avons alerté. Mais nous avons le sentiment de ne jamais être entendus. Avec notre association, nous faisons notamment de l’aide alimentaire et de la réinsertion, parce que nous savons que le quartier connaît de grandes difficultés. Mais nous ne pouvons pas être les seuls à agir. On nous parle régulièrement de projets qui seraient construits avec les habitants. Mais lorsque nous demandons qui a été consulté, nous ne nous reconnaissons pas dans cette consultation. Nous demandons aujourd’hui une chose très simple : Nous ne demandons pas de privilèges. Nous demandons simplement d’être respectés. Je souhaite inviter les responsables politiques à venir voir concrètement dans quelles conditions vivent les habitants de Villeneuve. Parce qu’on ne peut pas prétendre défendre le social et accepter que des familles vivent dans de telles conditions ».

« J’habite du côté de la place des Géants. Vous avez peut-être vu sur les réseaux sociaux l’état des escaliers de l’immeuble du 60, place des Géants. C’est dramatique. Depuis le mois de mai, des blocs de béton se sont effondrés. On nous a installé au départ de petits grillages qui ne tenaient pas correctement. Un adulte peut tomber. C’est extrêmement dangereux. Nous sommes aujourd’hui à la fin du mois d’août et, depuis le mois de mai, nous n’avons toujours pas de véritable solution. Et ce problème n’est pas isolé. Du côté de la place des Géants, le ravalement de la dalle aurait dû commencer au printemps. Cette dalle est aujourd’hui dans un état très préoccupant, avec des immeubles au-dessus et un garage en dessous. Il y a des trous béants, des rats, des cafards. Mais il y a aussi un autre problème majeur : la disparition de toute vie commerciale. Il n’y a plus de boulangerie, plus de tabac, plus de boucherie, plus d’épicerie. Il n’y a quasiment plus rien. Quand j’étais enfant, il y avait beaucoup plus de commerces. Cette situation est d’autant plus incompréhensible que nous sommes sur du foncier municipal. La Maison des habitants, qui ferme normalement au mois d’août, a même décidé de rester ouverte cet été afin de maintenir un minimum de vie sur la place des Géants. Ici, que les tensions montent. Les habitants vivent dans des conditions difficiles et n’ont pas de réponse à leurs problèmes. Une partie de la solution doit donc être de redynamiser la place des Géants. La priorité est d’abord de régler les problèmes de sécurité et d’insalubrité. C’est une question de dignité humaine. Mais il faut également réfléchir à la réouverture de commerces. Nous savons que les banques peuvent être réticentes à financer des commerces dans certains quartiers. Alors pourquoi ne pas ouvrir un véritable chantier sur les commerces municipaux. La Ville de Grenoble a les moyens d’agir. Cela permettrait de recréer du lien entre les habitants et de redonner de la vie à la place. Nous proposons donc un grand chantier autour de trois dimensions : sécurité, insalubrité et redynamisation commerciale ».

« A la métropole de Grenoble, il y a plusieurs sujets. Le premier concerne la délibération modificative du mois de septembre avec les 11 millions d’économies à trouver en lien direct avec la baisse des dotations de l’État. Nous avons plusieurs questions à poser à Guillaume Lissy et qui demeurent actuellement sans réponse.

Ou ses millions d’euros vont être trouvés ?

Fera-t-il le choix de se soumettre à la droite et d’accepter de couper dans les politiques de la ville qui se traduiront immanquablement par la dégradation des conditions de vie des habitants ?

Ses coupes impacteront-elles les politiques sociales et solidaires comme les subventions aux associations ?

Nous craignons une orientation de grande austérité qui ne sera que les prémices d’un budget encore plus contraint pour le budget primitif de 2027 ». 

« Je vais être assez rapide, parce que le diagnostic vient d’être posé par les habitants et les associations. Aujourd’hui, plusieurs sujets sont devant nous. Le premier concerne le prochain budget de la Ville. Une délibération modificative doit intervenir en septembre et nous avons des questions très précises à poser sur les choix budgétaires qui vont être faits. Où vont être trouvés les millions d’euros nécessaires pour équilibrer le budget ? Est-ce que la Ville va faire le choix de réduire les politiques de la ville ? Est-ce qu’elle va réduire les politiques sociales et les subventions aux associations ? Est-ce qu’elle va accepter une logique d’austérité qui se traduira directement par une dégradation des conditions de vie des habitants de quartiers comme Villeneuve ? Nous demandons des réponses. Parce que si aucune réponse n’est apportée aujourd’hui, nous pouvons légitimement nous inquiéter de l’orientation qui est prise et craindre un budget encore plus austère en 2027 ».

« D’abord, nous voulons dire à celles et ceux qui viennent aujourd’hui découvrir les quartiers populaires qu’ils n’ont pas attendu leur arrivée pour s’organiser. Les habitants connaissent leurs problèmes et connaissent aussi les solutions. Nous n’attendons pas de consignes de personnes qui viennent quelques jours dans le quartier, font quelques images et repartent. Ici, les habitants veulent avancer. Ils veulent régler leurs problèmes. Et nous pensons que cela passe par un plan d’urgence pour la Villeneuve. Ce plan doit s’articuler autour de trois grandes priorités ».

« Pourquoi, alors que les difficultés sont aussi importantes, supprimer des dispositifs comme la régie de quartier ou réduire la présence des médiateurs de rue ? Nous demandons au contraire de pérenniser le travail des médiateurs et d’en recruter davantage. La tranquillité publique ne se résume pas à la présence policière. Il faut aussi des personnes capables de dialoguer avec les habitants, de prévenir les tensions et d’apaiser les situations ».

« Il faut s’attaquer immédiatement aux problèmes de rats, de cafards, de déchets et de ramassage des ordures. Les habitants ne peuvent pas être condamnés à vivre dans ces conditions. Les agents qui travaillent dans ces quartiers demandent eux-mêmes davantage de moyens. Il faut donc leur donner les moyens nécessaires ».

« Il y a des habitants qui vivent dans de véritables passoires thermiques. Ils ont trop chaud l’été et trop froid l’hiver. Il faut donc investir dans la rénovation et faire en sorte que l’argent public bénéficie réellement aux habitants. Nous devons également nous interroger sur la manière dont les grands projets sont attribués. Pourquoi ne pas davantage faire travailler les entrepreneurs locaux ? Les habitants nous ont parlé de personnes qui ont créé leur entreprise, qui connaissent le quartier et qui ont les compétences pour intervenir. Lorsqu’on investit de l’argent public dans un quartier populaire, il faut aussi regarder comment cet argent peut bénéficier à son économie locale ».

« S’il faut retenir une chose de cette conférence de presse, c’est la suivante : Nous demandons à Madame la maire de Grenoble de mettre immédiatement en place un plan d’urgence pour Villeneuve. Et nous sommes prêts à travailler à sa construction. En tant que président de la commission des finances, je demande également à pouvoir disposer d’un état précis des financements publics consacrés à ce quartier.

Nous voulons savoir :

Combien d’argent a été investi à Villeneuve et dans quels secteurs. Quels financements ont été supprimés ou réduits. Quels moyens sont aujourd’hui consacrés à la propreté, au logement, à la tranquillité publique et aux associations. Quels moyens supplémentaires seraient nécessaires pour mettre en œuvre ce plan d’urgence.

Nous demandons également que la préfète de l’Isère soit auditionnée, afin que soient clarifiés les moyens et les responsabilités de l’État concernant la situation de Villeneuve. Je souhaite également auditionner l’adjoint aux finances de Grenoble et les responsables concernés afin que nous puissions avoir une vision complète des moyens engagés. Il faut arrêter de parler de Villeneuve uniquement lorsque les caméras arrivent. Les habitants vivent ici toute l’année. Ils connaissent les problèmes parce qu’ils les subissent, mais ils connaissent également les solutions parce qu’ils sont déjà en train de les mettre en œuvre. Les associations, les jeunes, les habitants et les acteurs locaux sont là. Il faut maintenant leur donner les moyens d’agir. Nous sommes donc disponibles pour nous mettre au travail immédiatement.

Le calendrier que nous proposons est simple : Si Madame la Maire souhaite nous recevoir, nous sommes disponibles dès cet après-midi pour commencer à travailler à ce plan d’urgence. Parce que les habitants attendent depuis des années. Et nous ne voulons plus attendre ».

— Sébastien Mittelberger
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