5 septembre 2026

Alors que Natacha Polony n’exclue pas de se présenter à l’élection présidentielle afin de redonner le pouvoir au peuple. Alors que Clémence Guetté indique que la construction de la famille sur un modèle hétérosexuel est un concept pétainiste et d’extrême droite. Alors que Léon Marchand est insulté sans conséquence pour avoir indiqué son peu de gout pour un quelconque engagement politique. Alors que le député LFI Antoine Léaument nous associe à la crainte de ses fins de mois. Alors qu’à Grenoble, nous cherchons en vain qui publie le Métrographe, Édouard Balladur quittait ce monde, à 97 ans, sans bruit. Laissant ainsi la génération des boomers et quelques descendants érudits et hypermnésiques au son des graviers de la cour de Matignon quand ils crissaient sous les pneus des DS officielles, filmés par les caméras de l’ORTF. 

Dans un communiqué de presse qui lui ressemble, bref et concis, Alain Carignon, qui fût son ministre, rappelait qu’Édouard Balladur « est le dernier homme d’État de la cinquième République héritier de la culture du Général de Gaulle et de Georges Pompidou ».

Car ce grand bourgeois aux manières délicates et à la livrée irréprochable parlait à la France avant même de converser avec les Français. Il servait la République au travers de l’action. Il devait sauver l’exception culturelle face à une Amérique hégémonique, récusant ainsi de céder à toute forme de soumission. Avec la même fermeté, il refusa de capituler devant le gouvernement Algérien, lors de la prise d’otage de Marignane, protégeant ainsi la France d’un possible attentat et la quasi-totalité des passagers et de l’équipage, fin 1994.

Édouard Balladur portait en lui cette valeur qui devrait nous dépasser tous, celle de l’État-Nation, une notion ou la honte du drapeau tricolore n’a pas sa place, ou le chant de la marseillaise n’est pas hideux. Édouard Balladur s’est éteint discrètement, peut-être trop. Les hommages restent discrets alors que chacun et chacune devraient, au moins quelques minutes, déposer au sol tous les hochets de la vulgarité afin de s’inspirer, au moins pour un moment, de ceux, qui, comme lui, plaçait plus haut que tout le destin de la France.

Mais ne soyons pas dupes et restons sévères. Son corps à peine mis en terre n’empêchera pas les luttes stériles, la bipolarisation de la politique nationale dans laquelle des agités radicaux, des militants de sofas et des soldats de sodas s’empourprent aux destinées de contrées lointaines que peu savent situer sur un planisphère. 

— Sébastien Mittelberger
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