septembre 27, 2026

Réunis samedi 26 septembre à Alpexpo, à Grenoble, pour le 68e Congrès des maires de l’Isère, les élus du département ont échangé dans un contexte exigeant, mais avec une volonté largement partagée : continuer à agir concrètement au service des habitants et renforcer les coopérations entre les différents niveaux de collectivités et l’État et un objectif commun, faire vivre l’action publique au plus près des territoires. L’occasion pour Catherine Seguin, préfète de l’Isère de prononcer un discours rassurant, ancré dans la réalité de notre territoire et empreint d’un optimisme sincère. 

Pour ce 68° congrès, Daniel Vitte, président de l’Association des maires de l’Isère et maitre de cérémonie de l’événement, l’avait annoncé en amont ; Pas d’invité national, pas de thématique centrale, mais un barycentre : l’expression des principaux acteurs du territoire face aux défis d’aujourd’hui, sur fond de contexte budgétaire contraint. 

Laurence Ruffin, maire de Grenoble, a tenu à replacer les communes au cœur de la réponse qu’elles apportent aux attentes quotidiennes des habitants, précisant qu’elles sont confrontées à une multiplication des défis telles que la transition écologique et l’adaptation des équipements publics, alors que les ressources sont contraintes.

Guillaume Lissy, président de Grenoble Alpes Métropole donnait un bel exemple de prise de parole, prononçant son discours sans note, avec un enthousiasme séduisant et une énergie que celles et ceux qui ne le connaissaient pas ont eu le loisir de découvrir.  Un discours guidé par la volonté de coopération, le pragmatisme et la recherche permanente de convergences. Sa fonction de patron de la Métropole le logeait dans cette promotion de la relation communes-métropole. « Les communes ne sont pas le problème, elles sont la solution » clamait à raison Guillaume Lissy. Un message qui peut se résumer à éviter les oppositions entre communes et intercommunalités en recherchant des solutions collectives sur les grands dossiers du territoire et de faire en sorte que la Métropole soit un outil au service des communes plutôt qu’un échelon qui aurait tendance à se substituer à elles. Un propos d’autant plus d’actualité qu’un des ateliers du congrès portait précisément sur la place de la commune dans l’intercommunalité.

Jean-Pierre Barbier, président du Conseil départemental de l’Isère, s’est exprimé avec toute l’expérience qui est la sienne. Car il faut se souvenir que le président du département a été maire d’une commune (Penol, 1995-2015)) durant 20 ans, a dirigé une intercommunalité (CC de Bievre-Liers, 2001-2014) et a été député de la 7° circonscription de l’Isère (2012-2017).Après avoir félicité les 207 nouveaux maires de l’Isère, élus lors des dernières élections municipales de 2026, Jean-Pierre Barbier a fait part de son inquiétude face défis immenses sur fond « d’instabilité politique, de contexte financier dégradé, des dépenses sociales en hausse et des recettes devenues incertaines ». Dans ce contexte, il a tenu à souligner que le principal enjeu est naturellement celui de la capacité du Département à accompagner les communes et de se tenir à leurs côtés, quelles que soient les conditions. Un message qui fait écho à ses prises de paroles antérieures, notamment lors du congrès des maires 2024, ou Jean-Pierre Barbier avait déjà tiré la sonnette d’alarme auprès des maires sur l’impact des perspectives budgétaires nationales sur les finances du Département et par ricochet, sur ses politiques publiques.

L’intervention de la préfète de l’Isère, Catherine Seguin, a apporté le regard de l’État sur cette nouvelle mandature. Un message portant sur la relation entre l’État et les collectivités, fondée sur le dialogue, la coordination dans le cadre d’un partenariat en connexion permanente. Une approche particulièrement intéressante dans une période difficile, alors que les élus attendent de l’État à la fois de la visibilité, de la stabilité et un accompagnement de chaque instant. En cela, Catherine Seguin inscrit son intervention devant les maires du département avec la volonté profonde d’être un interlocuteur avec lequel les collectivités peuvent construire des solutions, alors même que le contexte est influencé par les crises et les incertitudes qui pèsent sur l’ensemble des échelons qui constituent la République. 

Au travers de ce discours, Catherine Seguin a souhaité porter un message de confiance dans les élus locaux et de la collaboration entre l’État et les collectivités. Un propos rassurant, éclairé et enthousiaste que la préfète résume en plusieurs points :

La mobilisation des services de l’État face aux 5 épisodes de canicule et des feux de forêts qui en ont découlé.  L’accompagnement des agriculteurs touchés par la sècheresse, au travers du plan Climat, Adaptation, Sécheresse, incendie (CASI). Le soutien des collectivités locales avec, en 2025, près de 80 millions d’euros de dotations versées pour soutenir leur investissement dont 11M€ de DETR et 13M€ de Fonds vert. La mobilisation de l’État dans l’accompagnement des entreprises, des territoires afin de préserver les savoir-faire, tout en encourageant l’innovation et l’implantation de nouvelles activités en Isère. La coordination d’une action commune avec les collectivités sur les sujets sensibles tels que la sécurité du quotidien, le narcotrafic, la criminalité organisée, la protection des victimes ou encore la lutte contre les atteintes aux élus. 

Par son discours et par ces exemples, Catherine Seguin a su marque son ancrage avec le réel tout autant qu’avec le territoire isérois en soulignant notamment le soutien financier de l’État malgré le retrait des dotations dont les collectivités locales ont à souffrir. Une position qui fait du bien quand la parole de la préfète est celle de l’État et par conséquent, celle de la France. 

Responsabilités et exigences constituaient sans doute le fil conducteur de ce 68° congrès des maires de l’Isère, avec la volonté de démontrer que la proximité reste la grande force de l’action publique locale. Le maire est en lien direct avec ses administrés, l’intercommunalité autorise la mutualisation des compétences et des moyens et le Département accompagne les communes en portant des politiques à l’échelle départementale.

L’État, quant à lui, accompagne, coordonne et met en musique les politiques publiques dans les territoires. Chacun dans son rôle, chacun dans son devoir, chacun dans cette réalité qui devrait inspirer chaque citoyen à reconnaitre qu’il n’y a jamais de pouvoir mais seulement des responsabilités.

— Sébastien Mittelberger
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