
Si la justice peut souffrir de quelques lenteurs, aux motifs de manques de moyens et de la lourdeur administrative des procédures, reconnaissons ici que la presse n’emboite pas le pas aux torpeurs des parquets.
En effet, dans un article du Dauphiné Libéré de ce jour, les journalistes Laure Mamet et Thomas Zimmermann, respectivement en postes dans les rédactions de Grenoble et Valence, nous informent de l’actualité de l’affaire de concussion qui inquiète Eric Piolle et Élisa Martin dans l’affaire éponyme, depuis les révélations du Canard Enchainé, datant des 5 et 12 juin 2024.
Un article qui fait certainement suite à la saisie du Parquet National Financier, opérée par Clément Chappet, leader de l’opposition municipale et métropolitaine grenobloise, ce mardi 15 septembre.Sans commenter la suite qui sera donnée à cette instruction, qui peut aller du classement sans suite jusqu’au renvoi des belligérants devant le tribunal correctionnel, un point, infime et qui pourrait passer inaperçu intrigue au point de secouer les vibreurs des smartphones de quiconque s’intéresse à cette affaire. Ce point de détail, qui souvent abrite le diable, se niche dans le fait que d’après le prestigieux quotidien régional, Eric Piolle et Elisa Martin auraient été entendus par la police judiciaire lyonnaise, le 11 décembre 2025, dans le cadre de cette affaire.
Or, d’après des sources internes provenant de la France Insoumise, officieuses mais tout de même, jamais Elisa Martin n’a fait part, auprès des instances de son parti, de cette audition, ni d’aucune autre. Un silence qui jusque-là a surement évité à la députée de la troisième circonscription de l’Isère de passer dans les flèches des fourches caudines de la Commission du Respect des Principes, (CRP) organe de la France insoumise, permettant d’étudier si les conditions sont réunies par leurs élus, alors qu’ils peuvent être visés par des procédures judiciaires, à poursuivre leurs mandats dans des conditions conformes au droit et à l’éthique républicaine. Une cachotterie qui pourrait, si elle est confirmée, contraindre la députée Martin à bien des tourments internes et politiques, bien avant même que le glaive et la balance n’entrent en course.
En ce jeudi soir, Clément Chappet peut se féliciter d’avoir secoué la sphère judiciaire et médiatique en à peine 48 heures, alors que l’affaire semblait s’enliser entre procédure potentiellement perdue ou instruction au ralenti. Mais une fois la machine judiciaire relancée par la réactivité médiatique, la suite donnée ne pourra guère somnoler à nouveau bien longtemps et il est probable que le bureau le plus élevé de la chancellerie ne tardera pas de s’emparer de ce dossier, hier poussiéreux mais aujourd’hui bénéficiant d’un nettoyage sinon printanier mais presque automnal.
Un dossier qui à l’inverse de l’adage, passera sans doute de trépas à vie, du grand silence au plus bruyant des (Mar)tintamarre.