juin 13, 2026

Lové entre les communes d’Échirolles, du Pont de Claix, de Jarrie et de Varces, Champagnier est un écrin de verdure et de quiétude, pourtant situé à moins de 15 minutes de Grenoble. Un village situé à la campagne, comme Alphonse Allais aimait à le dire. Ce village a un maire. Discret et habile, modeste et travailleur. Florent Cholat. 

A 37 ans et père de deux filles de 7 et 9 ans, ce géographe de formation, spécialisé dans la science des sociologies urbaines et des études des mobilités, tout à tour enseignant et consultant attaque son deuxième mandat aux destinées de cette commune de désormais 1600 âmes. Natif des Abrets en Dauphiné, Grenoblois d’adoption, Florent Cholat et sa famille s’implantent en 2016 à Champagnier après un passage à Pont de Claix. C’est d’abord au travers d’activités associatives et sportives que le futur maire de Champagnier se familiarise avec la vie sociale et locale de son bourg. Féru d’engagement et de participation citoyenne, il exerce parallèlement des fonctions au sein du Conseil de Développement de Grenoble Alpes Métropole. C’est là qu’il fait la connaissance de Françoise Cloteau, alors maire de Champagnier. Une commission aménagement extra-municipale devait faire le lien entre la maire et le géographe. Toutefois, dans la commune, le contexte politique est divisé souvent, âpre parfois. En l’espèce, deux des adjoints de la maire en place repartiraient avec elle pour le prochain mandat, deux autres songent à se présenter contre. Avec quelques amis champagnards, Florent Cholat entreprend la rédaction d’un manifeste ancré sur un socle de valeurs dont l’objectif est la construction d’un programme pour Champagnier. Constitution d’une plateforme participative et réunions publiques suffiront à conduire Florent Cholat tête d’une liste de 17 colistiers pour le scrutin à venir. Une décision forte, engageante, prise en concertation avec son épouse. Une liste qui l’emportera 56% contre 44% pour la liste opposante. C’est fort de ce score et dans ces conditions particulières, sur fond de crise sanitaire que Florent Cholat devient maire de Champagnier, à tout juste 31 ans.

Si Champagnier est une commune discrète, elle bénéficie, entre 2018 et 2022 d’une croissance démographique peu ordinaire. Une croissance en lien direct avec la fin du Plan de Prévention des Risques Technologiques de Jarrie et Pont-de-Claix et dont Champagnier était la victime collatérale, plongeant en effet la commune depuis 12 ans dans une zone d’inconstructibilité. Ce plan prenant fin en 2017, c’est tout naturellement qu’il autorisait la délivrance de plus de 160 permis de construire sur les années 2018 et 2019 sur Champagnier, pour une livraison de logements à partir de 2021. La commune ainsi dotée passait de 500 à 650 logements et de 1200 à environ 1600 âmes dans la même période. Une situation sous la forme d’effet levier qui ne manque pas d’incidences significatives sur les équipements publics, notamment scolaires puisqu’une quarantaine d’élèves devaient prendre places sur les bancs de l’école du village avec désormais un projet de 7 classes quand la commune n’en comptait que 5 il y a encore peu de temps. Idem pour la cantine scolaire qui distribue 130 repas/jour, contre 60 précédemment. Un phénomène qui s’explique par l’accessibilité des logements disponibles aux foyers primo-accédants induisant l’arrivée de jeunes familles sur le sol champagnard et multipliant rapidement le nombre de naissances par 5 (5 en 2021 pour 25 en 2025).

Florent Cholat. « Une des fiertés du mandat précédent et de celui en cours est le maintien et le maintien de la qualité du service public sur la commune, tenant compte de cette évolution démographique importante. La mise à jour des équipements publics se fait dans les conditions de sites occupés et qui ne peuvent pas être fermés durant les phases de travaux. Nous avons également relocalisé la bibliothèque qui rencontre un vrai succès de fréquentation et nous avons installé un médecin dans le centre bourg, luttant ainsi efficacement contre la désertification médicale.Une de nos grandes fiertés est d’avoir créé un café au cœur du village, qui a ouvert ses portes en novembre dernier, situé au rez de chaussée d’un programme immobilier. Un café qui a pu voir le jour grâce à la volonté des habitants qui ont souhaité investir dans le montage d’une Société Coopérative d’intérêt Collective (SCIC). Une structure modèle et vertueuse puisque 110 habitants ont co-investis et rendu ce projet concret ».

F.C. « La première phase étant de s’acculturer avec les différents acteurs de l’économie sociale et circulaires. Un secteur performant et très créatif avec une véritable inscription de valeurs dans le monde de l’entreprise. Le gros chantier consiste à défendre et faire la promotion de ce modèle dans un contexte budgétaire contraint qui rend les secteurs très fragiles et sous tension ». 

F.C. « Les premiers mois, j’avais du mal avec les codes qui entourent la fonction de maire. Mais chemin faisant, j’ai appris que je devais assumer les arbitrages. Ma formation m’entraine plutôt vers l’écoute que vers la prise de parole. Plus encore, j’ai la culture de « nous » plus que celle du « Je ». Je n’ai pas une propension naturelle à l’optimisme, ce qui me pousse à fournir encore plus de travail afin de prévenir et d’éviter toute forme d’aléas. Pour autant, je suis très fier du travail réalisé. Notamment auprès d’agents qui pouvaient être en souffrance et que le dialogue a permis de remettre en selle. Fier également que la démarche collective de notre équipe soit parvenue à assainir la situation financière de Champagnier. Aujourd’hui, notre commune observe une des fiscalités les plus basses de la Métropole et une capacité d’investissement qui permet d’envisager des projets forts pour la commune ».

— Sébastien Mittelberger
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