août 25, 2026

Valence accueillait le week end dernier les AMFIS, universités d’été de la France Insoumise. Autour d’un Jean-Luc Mélenchon presque christique et volontairement prophétique, ses plus fidèles maréchaux et capitaines donnaient de la voix, du verbe et de l’esprit devant une foule de près de 10000 fans dans une tonalité plus proche de celle de Munich que de Nuremberg.

Les enfantillages du 18 juillet, lors de la prestation empêchée de Barbara Butch, DJ plus connue pour ses prises de positions que pour la qualité de ses productions et les plaintes qui suivirent, au maigre motif de dégradation de matériel électrique, ne sont rien à côté du fracas produit par les prises de paroles des participants aux universités d’été de la France Insoumise (AMFIS), qui se tenaient ce week end à Valence. 

Lors d’un atelier animé par Rima Hassan et en présence de Salah Hamouri, avocat sulfureux appartenant au Front Populaire de la Libération de la Palestine (FPLP), il est question de la criminalisation du soutien à la Palestine ou les participants proposent d’abroger l’infraction d’apologie du terrorisme et tout les dispositifs judiciaires qui s’y référent présentés, ici comme visant à constituer un arsenal dont les victimes seraient « les arabes et les noirs », cibles d’un racisme d’état. Un atelier qui autorise donc à faire fi des morts de Charlie Hebdo, de ceux du 13 novembre, de l’Hyper Casher, de Nice, de ces plus de 300 citoyens Français et de leurs familles, meurtries à jamais et à rendre possible d’autres attentats à venir, perpétrés au nom de conflits lointains, ceux du Mali ou de la Palestine, en toute impunité. Le même Hamouri désigne plus loin et sans le moindre gène des milliers de franco-Israéliens comme des génocidaires dont « la place serait en prison » au motif d’une complicité fantasmée. Sur sa lancée, il enchaine naturellement avec le CRIF et ses ressortissants, tous proches des pouvoirs, ceux de l’argent et des médias, du monde économique sous toutes ses formes, dans une mécanique identitaire qui est en tous points similaire à celle qu’employait le National-Socialisme dans les années 30, avec la finalité que nous connaissons. 

Suivirent les éternelles diatribes contre les milliardaires, désignés nuisibles, que Manon Aubry souhaite éradiquer, jugeant que les taxer seraient insuffisant, dans un propos ou l’amalgame entre les milliardaires et les juifs demeure possible.Ensuite, c’est au tour de Clémence Guetté, députée du Val de Marne, de confirmer la présence d’un réseau de « Phrygiens », désignant ainsi un maillage de hauts fonctionnaires travaillant à l’application d’une politique de rupture, en creux un noyautage de l’administration prêt à bondir en de multiples circonstances. Des élus et des fonctionnaires, payés, rappelons-le, par nos impôts et prompts à préparer notes et dossiers au bénéfice de la seule France insoumise.

Ce qu’il faut porter au crédit de La France Insoumise, c’est qu’elle n’avance pas masquée. Elle confirme par le menu et jusqu’au moindre détail, de quoi sera constituée sa politique en cas de victoire de Jean-Luc Mélenchon lors de la présidentielle 2027. Ainsi le tableau est brossé. Il s’agit clairement d’opposer une victime, oppressée, d’origine arabe, sub saharienne, noire, à un oppresseur, blanc, judéo-chrétien, riche de facto, le tout sous la bannière de la lutte pour la peuple Palestinien, combat qui d’ailleurs ne semble éveiller un émoi que sous notre latitude tant le reste du monde n’y consacre aucun intérêt. Mais au-delà de la sidération occasionnée par ce qui s’est déroulé à Valence et très largement relayé par les réseaux sociaux, ce qui surprend, c’est la docilité de l’ensemble de la classe politique, des pouvoirs publics et finalement de l’ensemble des Français. Visiblement, chacun s’est habitué à entendre un parti politique dire que la « police tue », à écouter Assia Traoré indiquer « qu’il est nécessaire de former nos enfants à survivre à un contrôle de police », à entendre les Insoumis menacer les juifs, le CRIF, les médias, les préfets, les « milliardaires nuisibles », à souhaiter dépénaliser toute apologie du terrorisme sans que cela trouble plus que ça le quotidien de nos lundis.

Si de tels débordements verbaux sont possibles, alors que la France s’empourprait au motif qu’une artiste avait reçu une bouteille d’eau gazeuse à proximité de ses platines, c’est parce que ceux-là même qui s’indignaient alors sont devenus bien silencieux quand la gravité de ce qui s’est passée ce week end devrait soulever un peuple qui aurait là l’occasion de devenir foule. Au-delà de ce peuple de France, qui occupait les ronds-points quand le litre d’essence s’affichait à 1,70€ mais qui range minutieusement son gilet jaune sous le canapé quand ce même litre culmine à 2,20€, il n’est pas inutile d’interroger le gouvernement qui laisse une formation politique insulter les forces de l’ordre, les accusant quotidiennement de tuer, de questionner la magistrature, qui permet cette même formation politique, la France Insoumise, d’exprimer quotidiennement son antisémitisme, faire l’apologie du terrorisme alors que cette même justice sait être rapide et sévère quand il s’agit de condamner une influenceuse d’extrême droite qui tient certes des propos répréhensibles. 

De la même manière, certaines personnalités politiques devraient se poser les bonnes questions, comme la députée Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, avant de déserter le campus grenoblois des journées d’été des Verts pour rejoindre Valence et s’afficher auprès de LFI pour une alliance à venir qui tient finalement peu de secrets. Allan Brunon devrait quant à lui s’y prendre à deux fois avant de poser aux cotés de Bally Bagayoko, le maire de Saint Denis dont les pas de danse ne lui éviteront pas éternellement d’être rattrapé par les patrouilles, politiques assurément et peut-être judiciaires. 

La France Insoumise peut donc continuer à inviter Rebecca Chaillon, scénariste afroféministe qui donnait à Avignon en 2023 une pièce durant laquelle une femme africaine portait des poupées de bébés blancs embrochés afin de montrer le poids du lourd passé colonial. Une œuvre à peine controversée mais largement financée par la région des Hauts de France, le ministère de la culture, et des structures publiques comme les CDN de Nancy et de Normandie Rouen. 

Les Insoumis donnent néanmoins une leçon de politique à l’ensemble des autres formations. Entre 8 et 10 000 personnes sont venus ce week end applaudir le guide Mélenchon et son orchestre. Ailleurs, les Verts jonglaient avec la météo lors de leurs universités d’été. Yannick Jadot rejoint Place Publique, ce dont tout le monde se fiche, Marine Tondelier, préférant tendre la facture de l’inaction politique aux « privilégiés », croit bon de minimiser la présence, à Grenoble, d’Éric Piolle, figure politique à qui pourtant ce parti politique doit tant. Une patronne des Verts qui a bien tort de traiter de la sorte l’ancien maire de Grenoble dont on connait la ressource mentale et l’endurance physique.

Mais nous voilà presque en septembre, chacun quitte les festivités estivales et les vacances qui se terminent dans le tiédeur d’une fin d’été ou les grandes idées et les prophéties lyriques buteront face à la froideur toute hivernale des acronymes budgétaires. CFU, PPI, et autres DM. Ou quand l’ivresse des grappes fait place aux tourments des chiffres.

— Sébastien Mittelberger
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