juillet 1, 2026

A 48 ans, Jean-Marc Puget, dirige EuroExpo Group, ruche inventive dédiée à la conception et à la réalisation de stands, d’espaces éphémères et de tout ce qui accompagne un client dans une démarche globale de communication pourvu que l’humain ne se départisse jamais de l’innovation. Jean Marc Puget livre ici le récit d’une aventure ou se croisent les destins et les rencontres de Jacques Séguéla à Alexandre Popov, de Philippe Lucas à Laure Manaudou.

Parlez-nous d’EUROEXPO

Jean Mac Puget « La première activité c’est bien-sûr EuroExpo, notre activité historique, spécialisée dans la conception et la réalisation de stands ainsi que dans le design d’espaces éphémères. Une sorte de vaisseau amiral. Ce qui nous a fait connaitre et nous permet d’être reconnus, tout au long de ces années. La seconde activité repose sur une agence de communication. Nous accompagnons nos clients dans leur stratégie globale de communication : création de contenus, identité, supports de communication… Le stand étant un outil parmi d’autres dans leur parcours de communication bien qu’il permette de lier nos deux activités et finalement faire bénéficier nos clients de l’ensemble de nos savoir-faire ».

J-M. P « À un peu plus de 20 ans, j’ai créé un centre d’entraînement d’athlétisme à Bourges, Élan 2004. L’objectif était d’accompagner des athlètes vers les Jeux olympiques d’Athènes en 2004. À l’époque, il fallait tout inventer : créer un site internet alors que le web en était à ses débuts, trouver des sponsors, structurer des projets. Dès 1999, j’avais imaginé un concept de team privé d’athlétisme financé par un sponsor principal. Aujourd’hui, tout cela paraît évident avec le naming, mais à l’époque, c’était très innovant. S’il ne sert à rien d’avoir raison trop tôt, nos métiers doivent inventer, innover et parfois se réinventer sans cesse. Ce qui est un challenge de chaque instant et rend passionnant tous ces métiers qui constituent la sphère communicante ». 

J-M. P « Oui en 2002, j’ai eu l’opportunité de partir quatre mois en Australie après avoir organisé un congrès mondial consacré à la biomécanique et à la médecine de la natation. Je rêvais de découvrir l’Institut australien du sport de Canberra, qui était alors une référence mondiale. Là-bas, j’ai fait la connaissance du nageur russe Alexander Popov, multiple champion olympique et champion du monde. Nous avons créé une véritable relation de confiance. L’Australie est un pays incroyable où toutes les dimensions sont différentes. C’est également vrai pour les rapports humains. La confiance là-bas ne tient pas compte de votre parcours ou de votre âge. Faire ses preuves est le meilleur des passeports. C’est sur ces bases, qu’il m’a été confié d’accompagner l’équipe nationale de natation sur toute la tournée de la coupe du monde en petit bassin ce qui débouché sur une aventure exceptionnelle, jusqu’aux Jeux Olympiques d’Athènes et de croiser les destins de Philippe Lucas et de Laure Manaudou, avant même le sacre de cette formidable championne ». 

J-M. P « Ce sont probablement les émotions professionnelles les plus fortes de ma vie. J’ai accompagné Alexander Popov lorsqu’il est redevenu triple champion du monde à Barcelone. Être à ses côtés dans ces moments-là, vivre ces victoires de l’intérieur… c’est quelque chose que je ne revivrai jamais. À cette époque, le sport de haut niveau était beaucoup plus accessible humainement. Aujourd’hui, tout est beaucoup plus verrouillé ».

J-M. P « Oui. Je crée I2SE, pour International Sport Santé Événementiel. Nous organisions principalement des événements liés au sport, à la traumatologie et à la médecine du sport. Une expérience à la fois enrichissante et douloureuse. Plus que chef d’entreprise, mon approche est finalement plus celle d’un artisan de l’évènementiel. Cette première aventure en tant qu’entrepreneur n’a pas rencontré le succès que j’imaginais mais qu’importe, j’avais la foi et l’énergie pour rebondir. Plus tard, je m’installe à Grenoble, accompagné par des personnes de mon entourage qui me tendent la main. C’est à ce moment que je découvre l’univers du stand, sa machinerie, le backstage et le back-office du monde de l’événementiel. En parallèle, je crée Excel Events, une structure spécialisée dans l’organisation d’événements. Pendant cinq ans, j’organise notamment un important tournoi international de tennis féminin près de Saint-Étienne : l’Open GDF Suez 42, devenu ensuite Open Engie 42, qui figurait parmi les plus grands tournois indoor féminins français. Puis en 2017, je décide de créer une nouvelle structure spécialisée dans le stand et l’architecture éphémère ».

J-M. P « Le secteur de l’évènementiel a été particulièrement impacté par la crise sanitaire. Toute l’activité de ce secteur s’est retrouvée à l’arrêt, presque du jour au lendemain. Se réinventer était devenu une obligation. C’est à ce moment précis que je développe notre agence de communication. Depuis longtemps, je disais à mes clients qu’ils consacraient énormément de budget au stand alors qu’il existait un avant et un après salon. Le stand ne doit pas être une finalité. C’est une étape dans une stratégie de communication globale. Une vision qui m’a été fortement inspirée par mon mentor et ami, Jacques Séguéla ». 

J-M. P « J’ai fait la connaissance de Jacques Séguéla il y a 25 ans. Son humanité n’a pour égal que sa compétence, je peux dire son génie, qui n’est plus à démontrer. Même lorsque j’ai connu des difficultés entrepreneuriales, il a toujours continué à me soutenir et à m’encourager. C’est mon père spirituel dans les affaires. Il m’a appris à voir le stand comme un outil au service d’une stratégie de communication et non comme une finalité ».

J-M. P « Nous avons accompagné des projets liés à Tony Parker, collaboré avec POMA, travaillé pour Château Puech Haut ou encore réalisé des pavillons de très grande envergure sur des salons internationaux. Nous travaillons aussi bien avec des petites entreprises qu’avec de très grands groupes. J’accorde exactement la même importance à un stand de 6 m² qu’à un projet de 1 500 m². Si les contraintes sont différentes, la passion demeure la même ».

J-M. P « Les rencontres. J’ai eu la chance de côtoyer des champions, des chefs d’entreprise, des personnalités politiques et des créatifs exceptionnels. J’adore écouter leurs histoires, comprendre leurs parcours. L’entrepreneuriat est aussi une succession de hauts et de bas. C’est une école permanente et un ascenseur émotionnel de chaque instant ».

J-M. P « Oui, énormément. Dans le sport de haut niveau comme dans le monde des affaires, les relations humaines sont devenues beaucoup plus complexes. Il faut être attentif à ce que sont devenus les valeurs telles que la parole donnée ou la fidélité. Les moyens de communications entrainent un rythme en temps réel, ou la prise de recul a moins sa place, laissant parfois trop d’espace au rapport de force. C’est la raison pour laquelle la construction de relations sincères et durables est un luxe précieux dont il ne faut pas se dispenser ». 

J-M. P « Je le crois profondément. Je suis entrepreneur, bien sûr que mon objectif est de développer mon entreprise. Mais cela ne doit jamais empêcher d’être authentique, loyal et respectueux, bien au contraire ». 

— Sébastien Mittelberger
Publicité