Alain Carignon: TOUT EST BIEN…

C’est par un texte court qu’Alain Carignon annonçait cet après-midi à la presse sa décision de se mettre en retrait en ne siégeant pas au conseils municipaux et métropolitains. Une décision formulée au lendemain du deuxième tour de l’élection municipale grenobloise ou Laurence Ruffin l’emportait 56% face au candidat LR, qui lui totalisait 44%.

« La situation actuelle de Grenoble demande de l’énergie et du temps. Je ne dispose que de la première. Mon énergie est intacte. Mais je ne dispose pas de la seconde, car l’horloge du temps est implacable. En 2033, l’alternative à Grenoble aura besoin d’une nouvelle incarnation. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de ne pas siéger au conseil municipal. Le groupe d’opposition qui arrive avec 13 élus est renforcé en nombre tout autant qu’en qualité, représentatif de près de la moitié des Grenoblois ».

Au-delà des équipes et du collectif Réconcilier Grenoble, Alain Carignon a apporté un soin particulier à remercier Clément Chappet, qui selon l’ancien ministre et ancien maire de Grenoble, « additionne le talent, la connaissance des dossiers, la proximité avec les Grenoblois et cette humanité à l’égard des autres qui est la marque des grands hommes publics qui laissent une trace ».

Un hommage poignant dans lequel il est facile de voir un évident passage de relai, notamment pour la nouvelle mandature municipale qui s’installera à l’hôtel de ville dès vendredi ou Clément Chappet sera sans conteste l’héritier naturel d’Alain Carignon lié aux responsabilités qui seront celles d’un groupe d’opposition à la ville comme à la Métropole et faces aux défis qui sont ceux d’aujourd’hui et seront ceux de demain. Un héritier naturel qui saura valoriser la fidélité des grognards de toujours comme la fougue des ralliés de circonstances.

Un texte court, donc, pour une carrière de presque 60 ans consacrée à la politique, une existence finalement dédiée à Grenoble, ville à laquelle il a donné tant de temps, d’engagement et de passion. Une vie dans une ville où nous continuerons de croiser sa silhouette pressée et où il sera bon de se souvenir que la trajectoire de cet homme en a guidé bien d’autres, souvent reconnaissants et parfois plus mordants, au hasard de plateaux télévisés où il est aisé d’avoir la dent dure, quand les matchs sont joués.

A celle et ceux qui ne manqueront pas de commenter les heures les moins lumineuses d’Alain Carignon, je leur souhaite de durer dans la même force, avec la passion joyeuse d’une ville, avec le même engagement.

Et à chacun et à chacune d’être à la hauteur de cet homme à qui, encore une fois, Grenoble n’appartient pas mais qui appartient à Grenoble.

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