Thibault LEDUC, illustre confrère de TG+ le formulait ce jour : « Et si Allan Brunon était le vrai gagnant des élections municipales de Grenoble » ? Devant un questionnement tant empreint de bon sens, une réponse est impérative : OUI!
Allan Brunon est en effet le grand vainqueur de cette séquence électorale. Peu connu de la sphère politico-médiatique il y a un an, il aura été un des grands animateurs de cette campagne avec des coups d’éclats médiatiques comme son plongeon dans l’Isère en costume ou encore son post Facebook ou il pose assis sur une chaise, avec Sam, son jeune malinois, à ses côtés ou encore ses flows déroulés presque sans notes lors des débats publics l’opposant aux autres candidats. Le résultat est pluriel. Un score de 14,6% au soir du 15 mars, plaçant l’insoumis au deuxième tour, à 12 points de Laurence Ruffin et à 13 encablures d’Alain Carignon. Les trois fermant le paddock pour un deuxième tour qui devra se passer, pour une fois, de quadrangulaire. Dès lors s’enclenchait la négociation du deuxième tour, sous la forme de la Fusion technique, terme inventé pour la circonstance et qui ringardise les vocables d’alliances et de programmes communs. Car la formule est alambiquée puisqu’il s’agit de concevoir une liste commune mais dont les membres LFI demeureront dans l’opposition, avec un groupe distinct, une fois le scrutin gagné.
Constatons que Brunon n’y est pas allé de main morte. Laissant peu de sommeil à Laurence Ruffin, il obtient 13 Insoumis sur la liste de OUI GRENOBLE, dont 3 dans le top 10 (Allan Brunon (4), Karen Viguier (7), Bastien Castillo (10)). Une négociation tenant donc plus du bras tordu que de la main tendue.
REHO… VOTE Allan Brunon l’a annoncé dès dimanche soir, la première délibération qu’il portera sera l’annulation du jumelage avec la ville israélienne de Rehovot. Une délibération avec tout son cortège de règlementation, soumise au vote, bien loin de la fade question orale qui avait occupé la fin d’un des derniers conseils municipaux de la mandature d’Éric Piolle. Une délibération hautement politique sur la forme car bien que mise en sommeil depuis longtemps et sans réel contenu, le jumelage avec Rehovot est tout aussi explosif ici que sur le théâtre géographique des opérations. Car ce jumelage divise profondément. La droite de Clément Chappet ne manquera pas de s’empourprer et on peut faire entièrement confiance au groupe LFI pour hystériser le débat. Au centre (une fois n’est pas coutume), la majorité de Laurence Ruffin sera prise en étau sur un sujet ou le maintien comme l’arrêt du jumelage nourrira la bipolarisation du match Israël-Palestine et en creux de celui d’un autre combat ou racisme et antisémitisme s’inviteront à la table. Avec cette délibération, Allan Brunon est certain de générer la distribution des clivages et, dès le premier véritable conseil municipal, de placer une ambiance qui sera certainement celle qu’il faut se préparer à observer durant l’intégralité du mandat.
METRO, C’EST TROP ! En si bon chemin, Allan Brunon ne s’arrête pas et obtient 7 Insoumis pour la Métropole, les manquants se recrutant à Saint martin d’Hères et à Fontaine. Comme pour la ville, le chef des Insoumis locaux ne se déclare pas prédateur mais se sait incontournable. S’il déclare ce soir qu’il sera candidat à la présidence de la Métropole, il n’a nullement besoin de calculette pour savoir que les voix de droite et du centre lui seront défavorables mais que les siennes pèseront suffisamment pour influencer le résultat.
Allan Brunon sera donc parvenu à gagner jusque-là tous ses matchs, mi 50 Cents, mi quai d’Orsay, certains aux rounds, d’autres par KO.


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