C’est au premier étage du bar le Capri, au cœur de la place St Bruno que la presse à désormais coutume de rencontrer Allan Brunon et certains de ses élus.
L’ordre du jour est sans surprise. Faire le point après la déclaration dominicale de Guillaume Lissy, indiquant dans les pages de nos confrères du Dauphiné Libéré « ne pas se sentir proche de LFI » et être favorable « à titre personnel » à une gouvernance territoriale gauche-droite.
Une position intolérable pour les Insoumis dont un des chevaux de bataille consiste à faire barrage à la droite, partout sur le sol de France et ce même quand les listes de gauches à soutenir ne représentaient pas forcément une gauche de rupture.

DESACCORD TECHNIQUE
Selon le boss local des Insoumis, l’engagement de jeudi soir, qui comprenait notamment l’assurance qu’il n’y aurait pas de vice-présidence confiée à des élus de droite et qui avait conduit les insoumis à retirer leur candidature de l’élection métropolitaine n’est plus respecté. Le volte-face du Guillaume Lissy inquiète considérablement le leader Insoumis et « peut laisser penser » que l’accord passé dans la nuit de jeudi à vendredi, lors de la séquence métropolitaine serait en passe d’être caduque.
« Nous nous interrogeons et interrogeons principalement madame Ruffin quant à savoir si sa stratégie est conforme au respect de cet accord ou si d’autres voies sont d’actualité »
LISSY DE SECOURS
Selon Allan Brunon, si Guillaume Lissy est toujours le candidat maintenu par son collectif, il doit poursuivre les échanges avec son bloc et repartir de l’engagement qui était le sien de ne pas céder des vice-présidences à « la droite ». Dans le cas contraire « cette coalition de gauche devra se poser la question de changer de candidat et si notre accord est remis en cause, nous maintiendrons la candidature LFI lors des trois tours du scrutin métropolitain puisque le fruit même de nos négociations n’auraient plus de réalité effective ».
LISSY, LISSY, C’EST GRENOBLE ?
Les déclarations de Guillaume Lissy, hier dans la presse, ont assurément l’effet d’une grenade à fragmentation. Car au-delà de remettre en cause l’accord passé avec LFI, permettant le retrait de la candidature d’Allan Brunon et de faire bénéficier le camp de Laurence Ruffin des 8 voix de ce dernier, cette déclaration pose le problème de fond d’une dissonance au sein du bloc de gauche. Guillaume Lissy reconnaissant clairement ne pas partager nombres de points dans un accord ne correspondant pas à sa ligne politique, il fragilise de facto la ligne plus électorale que politique de Laurence Ruffin.
LE BON COIN
Plus loin, alors qu’il est audible dans nos oreillettes affutées que le MTAG, le SDIS, SYMBHI, le Bois Français pourraient être au menu du contrat constituant l’accord, les uns et les autres ne se seraient-ils pas engagés imprudemment auprès d’Allan Brunon, en lui vendant des objets qui ne leurs appartiennent pas ou pas en totalité.
Plus loin encore, ces accords, ces fusions techniques ne participent-elles pas à fragiliser les équipes de Laurence Ruffin, déjà ébranlées par une fin de campagne municipale difficile avec une liste qui a dû être modifiée afin de faire de la place aux 13 Insoumis. Car une partie de l’ambiguïté de la fusion technique se niche ici. Les Insoumis logent avec délectation sur une ligne de crète subtile, tantôt dans la majorité quand il s’agit de gagner, tantôt dans l’opposition quand il s’agit de gouverner, prenant des commissions aux passages, business is business.


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